« Dans cet appartement, ce sera moi qui habiterai, et moi seule ! » déclara la belle-mère d’un ton catégorique, laissant Audrey et Gabriel sous le choc

Cette arrogance familiale est moralement odieuse.
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La fureur lui brûlait la gorge, mais Audrey Roux parvint à la contenir. Elle se tourna vers son mari, les yeux brillants d’indignation.

— Gabriel, tu entends ce que ta mère est en train de dire ?..

Gabriel Laurent avait perdu toute couleur. Son regard passait nerveusement de son épouse à sa mère, incapable de se fixer.

— Maman, attends… on peut en discuter calmement…

— Discuter de quoi ? — trancha sèchement Monique Mathieu. — Tu es mon fils, il est de ton devoir de m’assurer une vieillesse digne. J’ai consacré ma vie entière à vous élever, toi et Mathieu Roger. Il est temps que vous me rendiez ce que je vous ai donné. Ma décision est prise : j’occuperai la grande chambre, elle est plus lumineuse. Vous deux, vous vous installerez dans la petite. Ou mieux encore, vous irez ailleurs.

Audrey ferma les paupières quelques secondes, comptant intérieurement pour ne pas exploser. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, sa voix était maîtrisée.

— Madame Mathieu, cet appartement m’appartient. Je l’ai acheté avec mon argent, celui que j’ai gagné et celui que mes parents m’ont offert. Gabriel et moi y vivrons seuls. Je vous demande de reprendre vos valises et de partir.

Un rire strident fendit l’air.

— Voilà donc où nous en sommes ! Tu donnes des ordres, maintenant ? Tu oublies qui je suis ? La mère de ton mari ! Sans moi, il ne serait pas là. Ni lui, ni votre mariage !

— Maman, calme-toi… — tenta Gabriel, la voix tremblante.

— Tais-toi ! — hurla-t-elle. — Es-tu un homme ou une carpette ? Ta femme te mène par le bout du nez et tu restes muet !

Audrey fit un pas en avant, se plaçant résolument entre eux.

— Ça suffit. Je vous le dis pour la dernière fois : prenez vos affaires et sortez. Tout de suite.

— Je ne bougerai pas ! — s’emporta Monique en frappant du pied. — Tout est décidé. Mon appartement ira à Mathieu Roger, et moi je m’installe ici. Toi, Audrey, tu es égoïste et ingrate. On doit le respect aux aînés !

— Le respect ne se décrète pas, il se mérite, répondit Audrey d’un ton glacé.

Sa belle-mère pivota brusquement, attrapa l’une des valises et se dirigea vers la grande chambre.

— La discussion est close. Je commence à m’installer.

Quelque chose se rompit en Audrey. En deux enjambées, elle la rejoignit, arracha la valise de sa main et la ramena dans l’entrée d’un geste sec.

— Vous quittez mon appartement immédiatement, déclara-t-elle à voix basse, mais avec une fermeté d’acier. Immédiatement.

— Gabriel ! — cria Monique. — Tu vois comment elle me parle ? Tu la laisses traiter ta mère de cette façon ?

Gabriel restait adossé au mur, livide, les bras ballants.

— Maman… peut-être qu’on devrait… en reparler plus tard, quand tout le monde sera plus calme…

— Plus tard ?! — sa voix monta d’un cran. — De quel côté es-tu ?

— Du mien, répondit Audrey sans hésiter. — C’est notre foyer, notre famille. Vous êtes ici sans y avoir été invitée. Gabriel, aide ta mère à porter ses bagages jusqu’à la porte.

Monique porta théâtralement la main à sa poitrine.

— Mon cœur… il me serre… Voilà comment tu me remercies, ingrate… Je t’aimais comme ma propre fille…

— Épargnez-moi cette comédie, dit Audrey en ouvrant la porte d’entrée. Sortez. Et ne revenez plus jamais sans prévenir.

Comprenant que la situation lui échappait, Monique attrapa deux valises et traîna la troisième derrière elle jusqu’au seuil.

— Gabriel, tu le regretteras ! Je suis ta mère ! Tu choisis vraiment cette garce plutôt que moi ?

Gabriel fixa le sol sans répondre.

Sur le pas de la porte, Monique Mathieu s’immobilisa, le visage déformé par la rage, prête à lancer ses dernières paroles venimeuses.

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