Elle le maintint levé à hauteur de son visage, défiant le regard du millionnaire sans céder d’un millimètre.
— Si vous êtes convaincu que je l’ai dérobé, prouvez-le, lança-t-elle d’une voix instable mais résolue. Dites-moi ce qui est gravé au dos. S’il vous appartient réellement, vous ne pouvez pas l’ignorer.
Laurent Besson se figea comme frappé par la foudre. L’air sembla se retirer de ses poumons, et le silence pesa brutalement sur la pièce.
— Il est écrit… murmura-t-il enfin. Sa voix, quelques secondes plus tôt chargée de fureur, se brisa et se teinta d’une douleur infinie. Il est écrit : « S + É à jamais ».
Sans un mot, Élodie Perrin retourna lentement le médaillon. Les lumières du salon révélèrent les lettres profondément marquées dans l’or usé par le temps : « S + É à jamais ».
Un souffle rauque échappa à Laurent. Il arracha presque le bijou de ses mains et passa ses doigts dessus encore et encore, comme s’il craignait qu’il ne disparaisse s’il cessait de le toucher.
— Ce n’est pas possible…, balbutia-t-il en relevant les yeux vers elle, la fixant avec une intensité troublante. Quel âge as-tu ?
— Vingt-trois ans, répondit-elle après un court silence, effleurant instinctivement sa nuque désormais nue.
— Et… ta date de naissance ? demanda-t-il, la voix suspendue à sa réponse.
