«Si vous êtes convaincu que je l’ai dérobé, prouvez-le» — lança-t-elle, défiant le regard du millionnaire

Quelle accusation odieuse et profondément injuste !
Histoires

Reste toi-même

Un hurlement fendit le vaste salon et fit taire d’un coup les conversations. Laurent Besson, figure dominante et richissime propriétaire de la résidence huppée du Bois d’Argent, se tenait près de sa table, le visage durci par une colère incontrôlable. Son index accusateur pointait sans trembler la poitrine d’une jeune femme chargée du ménage.

Élodie Perrin, immobile au milieu de la salle, un chiffon sale encore serré dans la main, sentit un froid glacial lui parcourir les veines. Sous l’effet de la panique, elle laissa tomber le tissu et porta aussitôt ses deux mains à son cou, comme pour protéger le médaillon en or qui y pendait.

— Je n’ai rien volé… murmura-t-elle d’une voix tremblante en reculant d’un pas. Je vous le jure.

Mais Laurent Besson n’entendait rien. D’un coup de pied agacé, il écarta une chaise et s’avança vers elle avec la violence d’un orage. Aux tables voisines, les clients se figèrent puis se reculèrent, impressionnés par l’aura menaçante qui émanait de lui.

— Ne me mens pas, gronda-t-il en la coinçant contre une colonne. Cela fait vingt-trois ans que je recherche ce bijou. Comment se fait-il qu’il soit en ta possession ? Réponds !

Le responsable du restaurant, Mathieu Renaud, accourut alors, le visage rougi par l’affolement.

— Monsieur Besson, je vous en prie ! s’interposa-t-il en agitant nerveusement les mains. Mille excuses. Cette fille vient d’être embauchée, elle ne vaut rien et n’est qu’une voleuse maladroite. Élodie, c’est terminé, tu es renvoyée ! Pars immédiatement, ou j’appelle la police.

Sans ménagement, Mathieu Renaud attrapa Élodie par le bras, bien décidé à l’entraîner hors de la salle, ignorant sa résistance naissante et la tension soudaine qui montait autour d’eux.

Suite de l'article

Pages Réelles