« Ta femme possède déjà un appartement. Celui-ci sera donc mis uniquement au nom de ta sœur ! » lança Nathalie André d’un calme glacial, laissant Céline sidérée

Cette injustice familiale est profondément odieuse et intolérable.
Histoires

— Sur un compte auquel tu n’as pas accès.

Nathalie André m’a dévisagée, la bouche entrouverte.

— Qu’est-ce que tu as fait ?

— Exactement ce que vous vouliez m’empêcher de faire : j’ai mis mon argent à l’abri avant que vous ne puissiez en disposer dans mon dos.

Bruno Sanchez s’est levé d’un bond.

— Céline, tu n’avais pas le droit de faire ça sans même m’en parler !

Je l’ai regardé droit dans les yeux.

— Répète cette phrase.

— Quoi ?

— Répète-la. Lentement.

Il a compris.

Et il s’est tu.

J’ai sorti mon téléphone.

— Vous voulez savoir pourquoi je l’ai fait ?

Nathalie a détourné les yeux.

Elle savait.

Je l’ai vu aussitôt.

J’ai déverrouillé l’écran, ouvert la photo, puis j’ai lu à voix haute :

— « Surtout, ne dis rien à Céline pour l’instant au sujet de l’appartement au nom de Chantal. Une fois que l’argent sera viré, il sera trop tard pour qu’elle recule. »

Le silence qui a suivi avait quelque chose d’irréel.

Chantal Robin fixait sa mère.

Bruno a fermé les paupières.

Le visage de Nathalie était devenu livide.

— Tu as fouillé dans nos messages ?

— Non. Ton message était ouvert sur l’ordinateur de mon mari. Au beau milieu de ma cuisine.

— Ça ne te donnait quand même pas le droit de…

Je l’ai coupée net.

— Et vous, vous aviez le droit de me prendre 80 000 euros en me faisant croire que je participais à un investissement commun ?

— Personne n’a voulu te voler !

— Alors comment appelles-tu le fait de récupérer mon argent sous un faux prétexte pour acheter un appartement au nom de quelqu’un d’autre ?

Nathalie n’a rien répondu.

D’une voix basse, Chantal a murmuré :

— Maman m’avait dit que Céline était d’accord.

Je me suis tournée vers elle.

Pour la première fois de la soirée, elle avait vraiment l’air déstabilisée.

— Non, Chantal. Je n’ai jamais donné mon accord.

Elle a regardé Bruno.

— Et toi ?

Bruno est resté muet.

C’était une réponse suffisante.

Je me suis levée à mon tour.

— Demain, il n’y aura aucun virement.

Nathalie a brusquement retrouvé sa voix.

— Dans ce cas, nous allons perdre l’acompte !

— Quel acompte ?

Un nouveau silence est tombé.

J’ai compris aussitôt qu’il y avait encore autre chose.

— Quel acompte, Bruno ?

Il a passé une main sur son visage.

— Dix mille euros.

Mon cœur s’est contracté.

— Vous avez déjà versé dix mille euros ?

— Maman devait les avancer.

J’ai posé les yeux sur Nathalie.

Elle a fui mon regard.

— Et c’est vraiment elle qui les a avancés ?

Bruno n’a pas répondu.

J’ai compris.

— Non…

Il a inspiré profondément.

— Je les ai pris sur notre compte commun.

Cette fois, je n’ai même plus ressenti de colère.

Quelque chose, en moi, s’est simplement brisé.

Notre compte commun servait à payer le logement, les factures, les travaux, les dépenses de la maison.

Pas à financer en secret un appartement pour sa sœur.

— Dix mille euros, ai-je répété.

— Je comptais les remettre plus tard…

— Après avoir pris mes 80 000 euros ?

— Céline, ce n’est pas comme ça.

— Si. C’est exactement comme ça.

Nathalie a tenté de s’interposer.

— Bruno voulait seulement aider sa sœur !

J’ai enfilé mon manteau.

— Alors qu’il l’aide avec son propre argent.

Bruno s’est approché de moi.

— Où est-ce que tu vas ?

Je l’ai observé longuement.

— Chez moi.

— Mais nous vivons ensemble.

— Oui. Dans mon appartement. Celui que ta mère considère déjà comme étant le mien, et qui, apparemment, vous autorise à offrir un logement à ta sœur avec mon argent.

Il a pâli.

Nathalie a fait un pas vers moi.

— Tu ne vas quand même pas détruire ton mariage pour une histoire d’argent !

Je me suis arrêtée près de la porte.

— Ce n’est pas une histoire d’argent.

J’ai levé mon téléphone, que je tenais toujours dans la main.

— C’est une histoire de mensonges.

Puis j’ai regardé Bruno.

— Demain matin, tu remets les 10 000 euros sur notre compte commun.

— Je ne les ai plus.

— Alors trouve une solution.

— Céline…

— Quand il s’agissait de prendre mon argent, tu avais trouvé une solution. Maintenant, trouves-en une pour le rendre.

Je suis sortie de la maison.

Bruno est rentré deux heures plus tard.

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